Les réalisateurs ayant répondu à notre question:
Nous demandons aux réalisateurs de répondre à cette question simple et essentielle : « Pourquoi filmez-vous ? » Voici leurs réponses.
Pourquoi je filme ? Je filme pour communiquer avec ma société, pour rendre compte d’une réalité perplexe, pour donner à voir et à entendre les non-dits, pour polémiquer, pour réconcilier et pousser l’homme par le biais du cinéma à se rendre compte de son mal et penser à y faire face. J’ai compris que pour filmer le réel, il fallait commencer par moi, qui avait une histoire demeurée longtemps silencieuse, il fallait la briser. J’ai compris qu’en la brisant, c’est l’histoire de toute une communauté que je brisais. Mais il ne faut pas se limiter à la cassure de ce silence mais, à travers un autre film sur lequel je travaille, poser les jalons d’un changement. Alassane Diago est le réalisateur du film "Les larmes de l'émigration". Consultez également notre dossier : http://www.lapelliculeensorcelee.org/alassane_diago/alassane_diago_accueil.html
Je filme pour mettre en scène.
Depuis toujours et encore plus aujourd'hui, ma pratique est emprunte de copier/coller. Quand je commence un projet, je ne débute jamais à partir d'une feuille blanche. Mon imaginaire se nourrit de références ou de matières préexistantes : des images souvent distinctes que je prélève, je découpe, je décalque, je détourne, je mélange en tachant d'obtenir un tout harmonieux.
C'est d'ailleurs le cas pour mon film. L'occasion avec cet hommage à Belmondo, était de faire s'entremêler un large spectre cinématographique (toute sa filmographie : polar, aventure, comédie, film noir, cascades) et aussi de faire se rencontrer Cinéma et bandes-dessinées en veillant toujours à ca que les aspects thématiques et formels se mélangent parfaitement.
Mais avant de faire du court métrage j'ai longtemps tâtonné avant de trouver le mode de représentation approprié.
Étudiant, pour me confronter à mes sources d'inspirations (issus de l'Anime japonaise, des séries tv américaines, d'artistes vidéastes et de cinéastes), je me suis mis de manière intuitive et autodidacte à la rotoscopie. Cette technique d'animation qui consiste à transformer une scène filmée en un dessin animé, me semblait la plus évidente pour raconter et mettre en scène mon imagination.
Elle me permet de faire évoluer n'importe quel personnage dans n'importe quel décor. Cette liberté (toute relative vu la quantité de travail que l'animation réclame) quand on ne sait pas filmer avec une caméra et qu'on a pas d'acteur sous la main m'est vraiment précieuse. Et puis lorsque l'on anime pour la première fois il y a vraiment une sorte de magie. Ça peut sonner cliché, mais le sentiment de donner vie à son dessin est vraiment fort.
Car dessiner un personnage, l'insérer dans un décor et appliquer un travelling ou un zoom, sont des choses très simples mais qui me procurent toujours un immense plaisir. Car outre les univers que j'essaye de partager, j'aime par dessus tout dessiner des images et les mettre en mouvement dans un écran.
Je filme avant tout pour raconter une histoire. Je raconte une histoire pour tenter de m'aider à comprendre le monde. J'essaie de comprendre le monde pour mieux me comprendre moi-même, puisque le monde est contenu en chacun de nous. Je souhaite mieux me comprendre moi-même pour savoir comment communiquer avec les autres. Je veux apprendre à communiquer avec les autres pour améliorer la qualité de nos échanges. Je cherche à améliorer la qualité de nos échanges pour nous permettre de mieux nous rencontrer. J’aspire à notre rencontre pour ne pas être seul. Je ne tiens pas à rester seul car dans ce cas, à qui montrerais-je ce que je filme... ?
A la question pourquoi je filme, j'ai envie de substituer celle de pourquoi je continue à filmer.
Pourquoi, après le premier film, il en a fallu un autre, puis un autre, et encore un autre ?
Et pourquoi, malgré les bagarres en perspective, je rêve qu'il y en ait tant et tant d'autres ?
Si j'insiste aussi fort c'est parce que je dois au cinéma, documentaire ou de fiction, d'être un peu moins effrayée du monde. C'est en faisant des films que je me sens le plus autorisée à être avec les autres, à les rencontrer, et par conséquent les heures où je me sens la plus vivante.
Après je peux vous raconter le choc du premier film à sept ans, "La Strada", ma nécessité à inventer des histoires, l'amour des images et des sons, le fait que je ne sais pas faire grand chose d'autre; moult bonnes et belles raisons. Mais celle évoquée en premier me semble la plus déterminante. Elle fait que ma vraie vie a débuté avec le cinéma, envers et contre tout. (juin 2006)
Chantal Richard est la réalisatrice des films Charles Péguy au lavomatic et Lili et le baobab
Après 5 années de bons et loyaux services en tant que journaliste auprès de divers médias, je poursuis ma carrière dans le milieu du septième art qui m’interpelle comme nouvelle voie d’expression. La fiction laisse libre court à l’imaginaire mais aussi à la poésie. Et que serait un monde sans poésie ?
Cinema is the platform I choose for my self expression. Cinema is a the art of putting all the arts together, as a filmmaker you have to be a painter a musician an actor a photographer a storyteller etc.... As a Palestinian living in Palestine , we always feel that Israel is influencing the world's media and imposing their propaganda on what reaches to the world, specially in the U.S and Europe Media, for that reason I grew up feeling the importance and the need of telling our stories and taking them to audiences all over the world.
Faire des films qui donnent aux hommes des envies de glisser des fleurs dans les décolletés des filles. (octobre 2005)
Valérie Gaudissart est la réalisatrice du film Céleste. Sur Valérie Gaudissart, consultez notre dossier.
Au début, mon envie de faire des films est venue de la cinéphilie : une enfance et une adolescence passées dans les salles obscures. Et puis, lorsque j'ai commencé à filmer moi-même, il y a eu le plaisir de cadrer, d'ordonner le monde visible, et la volonté de maîtriser un langage complexe. Après des années, ce désir existe toujours : je suis à la fois lent, lent à faire des films, lent surtout à comprendre que le prix qu'il me faut payer pour ces courts moments de bonheur où je réalise est énorme.
Il y a autre chose. Je ne crois pas à l'originalité du message que j'essaie de délivrer, ni même à son caractère personnel. Mais je suis persuadé de son importance, et de plus en plus convaincu que peu de gens veulent l'écouter, ou du moins qu'on est en train de persuader le public que ça ne l'intéressera pas.
J'essaie de dire quelque chose à quelqu'un qui ne veut plus l'entendre. J'essaie de trouver la manière pour rappeler ce qui me paraît être des vérités élémentaires : que la société dans laquelle nous vivons est injuste mais qu'elle n'est pas immuable, que pour beaucoup le travail est une souffrance, que la poésie n'est pas un accessoire superflu de nos vies. (Juin 2005)
Mathias Gokalp, réalisateur des films Le droit chemin et Mi-temps. Sur Mathias Gokalp, consultez notre dossier.
Il faudrait tout d’abord répondre à la question : pourquoi racontez-vous des histoires ?…
Pour ma part, je viens d’une famille justement sans histoire. Des parents partis d’un pays gardé sous silence. Silence sur leur jeunesse, sur leur famille, sur eux-mêmes…
Raconter des histoires est une manière de crever ce silence.
Je ne savais pas qu’un jour, je ferais un film. Mais je devais déloger de ma tête des images qui s’y étaient trop durablement installées. Par la suite, d’autres images se sont immiscées ; d’autres émotions ont remonté à la surface.
À nouveau, je vais devoir m’en débarrasser !
Réaliser des films consiste peut-être à se décharger de nos images, les unes après les autres. Comme on se libère d’un fardeau pour arriver plus léger au bout de notre voyage, l’esprit un tant soit peu libéré…
Face à cet étrange désir de projeter des images mentales dans des salles obscures (*), je retournerais volontiers l’interrogation aux spectateurs : « Pourquoi regardez-vous les images des autres ?… »
Le débat est lancé…
* Il a souvent été fait le parallèle entre le spectacle cinématographique et l’allégorie de la caverne de Platon : des hommes immobilisés dans une demeure souterraine regardent leurs propres ombres projetées sur un mur grâce à un feu allumé derrière eux…
Pascal Mieszala, réalisateur de L'enfant borne. Consultez également notre dossier.
À la question « Pourquoi faîtes-vous du cinéma », je dirais que c'est parce que je ne vois pas ce que je peux faire d'autre, pour l'instant, car rien n'est définitif. J'ai mis du temps avant de me faire une raison et de me dire que le seul "métier" où je pourrais trouver un peu de plaisir est le cinéma. Ce n'est pas vraiment un choix, c'est comme ça, je me suis fait une raison.
C'est d'autant plus regrettable que pour l'instant les moments de satisfaction se comptent sur les doigts d'une main et que mes projets laissent plus de regrets que de joie, lorsque j'arrive à les terminer.
Néanmoins, je fais ce que je veux ou ce que je ne veux pas, quand je veux.
Je voyage et rencontre beaucoup de gens. Et petit à petit, très, très lentement, je commence à réaliser les films que je souhaite voir au cinéma et que malheureusement je ne trouve pas. Ces films ressemblent à ceux que je voyais petit à la télévision.
Réussir à dire ce que je pense, articuler une pensée personnelle, originale et qui tend à aller à l'encontre des stéréotypes que construisent avec force et ingéniosité les médias. Montrer qu'il y a d'autres façon de raconter, d'autres opinions. Il ne s'agit pas de faire des films à message, à thèse, mais des projets où l'on se rend compte qu'il y a d'autres pensées, des individus qui sont aussi intéressants que ce que l'on nous propose de voir dans les robinets à image. Je ne les vois plus je n'ai plus de télévision.
Proposer son univers, même s'il est hors norme, incompréhensible, essayer de répondre directement ou à l'aide du public aux questions qui nous hantent et avancer, être en mouvement, contre le conservatisme et les peurs qui nous traversent parfois...
Vaste programme, que ma fainéantise m'empêche de réaliser aussi vite que je le souhaiterais. Sur ces bonnes paroles, je vais me coucher. (novembre 2005)
Brahim Fritah est le réalisateur du film La femme seule. Sur Brahim Fritah, consultez notre dossier. Ecoutez également l'entretien que Brahim Fritah a accordé à Radio Bouton.
«
Je ne pensais pas un jour en commençant un film sur les mains de
mes amis en 1996, que je réaliserais un film sur les pieds en 1999
au Mali, au Japon, en Palestine et que je filmerais, aujourd'hui les visages
de mon père, de ma fille et de quelques amis.
Pourquoi filmer les autres ?
On filme l'autre, pour le garder, parce qu'il va mourir, Faire son travail
de cinéaste/témoin de son temps, de cinéaste familial
comme les peintres , les photographes du début du XXe siècle
réalisaient des portraits. Il n'y a pas de différence entre
fiction et documentaire. On filme toujours des êtres qui vont disparaître. »
Christophe Loizillon est réalisateur de Les
mains. Consultez notre dossier sur Christophe Loizillon.
Tout est une question de regard, où on se place pour regarder la chose, l'image que l'on s'en fait. Donc tout est une question d'image. Faute d'avoir une vision complète du monde on se contente d'en ramener des morceaux à la surface en espérant que le fragment contient l'idée de la totalité. Tous les moyens sont bons, dessin, peinture, cinéma, photo. Ne pas être spécialiste en tout mais spécialiste de tout, vu que la poésie n'appartient pas au monde, elle est une aptitude humaine. Elle n'a pas à voir avec l'ornementation mais avec le dérangement de l'ordre, ce que vous voyez n'est pas ce que vous voyez. (décembre 2004)
Joël Brisse est réalisateur de La Pomme la figue et l'amande. Consultez notre dossier sur Joël Brisse et écoutez l'entretien qu'il a accordé à Radio Bouton.
Je crois que je filme pour me souvenir.
Pour que ne disparaissent pas mes réves, ou mon enfance, ce qui est un peu pareil, pour ancrer les images, les personnages, les paysages, les lumières, les histoires, imaginaires ou non, qui me semblent si pleins d'émotion.
Pour qu'un monde paralléle à celui du réel -mais à mes yeux tout aussi précieux- existe et résiste.
Je crois aux mondes imaginaires et à leur grand secours dans la vie réelle.
En ce temps là, disait Prevert, la vie était plus belle et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui. On pourrait dire aussi: en ce monde là la vie est plus belle, et le soleil plus brûlant qu'ici. C'est l'envie de filmer ces soleils qui fais que je filme. (Janvier 2005)
Philippe Barassat est réalisateur de Les éléphants de la planète Mars et de Mon copain Rachid.
Je me le demande. (septembre 2004)
Jérôme BOULBES est réalisateur des films Le puits et Rascagnes
«
Pourquoi je filme ?
Tout a commencé, dès ma toute petite enfance, par une fascination
pour l'image animée. Petits projecteurs amateurs, flip book, lanternes
magiques, zootropes, praxinoscopes, étaient mes jouets favoris.
Très vite j'ai été tenté de remplacer les
films existants qui les accompagnaient par mes propres " œuvres
". J'ai alors bricolé des bandes sur du papier, des calques,
des rhodoïds et même commencé à grattouiller
des chutes de pellicules.
Au fil des années, cette passion ne m'a jamais quitté, et
tout naturellement lorsque l'on m'a offert une caméra super 8 j'ai
réalisé mon premier " vrai film " ! Depuis je
n'ai jamais arrêté de filmer : home-movies, courts-métrages,
films expérimentaux, animations, longs-métrages, bref la
fascination est toujours là ! »
(janvier 2004)
Claude Duty est réalisateur de La
Pucelle des zincs
«
Pour approcher cet
indicible hasard qui donne à un plan, un regard, un geste... la
légèreté d'une émotion. »
(janvier 2004)
Jean-Philippe Gaud est réalisateur de 2
fraises tagada
«
Le cinéma d'animation m'a permis de trouver ma place dans la société,
de me rendre utile, d'exercer ma citoyenneté. Mais la vraie raison
profonde qui me pousse à l'acte artistique et qui explique que
je continue à faire des films est tout simplement que le cinéma
me permet de survivre dans ce monde d'anarchie violente et bestiale. Je
fais des films contre Bush et contre tout ce qu'il représente.
Je fais des films contre la saloperie du monde. Et accessoirement pour
apporter quelques fragments de bonheur aux petits zenfants. »
J.-R. Girerd est réalisateur de Nos
adieux au music-hall
«
Je filme pour me rapprocher de l'art qui ressemble le plus à la
vie. Mais si j'avais vécu avant que le cinéma naisse, j'aurais
peint, ou écrit parce que je ressens la nécessité
très forte de m'exprimer. Si aujourd'hui je filme, c'est seulement
que j'ai admiré plus de films que de peintures, livres, sculpture
ou pièce de théâtre. Cela m'a amené à
penser "film" et à imaginer "film". Mais la
plupart du temps, pour être franc, je ne filme pas. J'attends les
financements pour filmer... »
Samuel Dupuy-Jadock est réalisateur de La
Pomme
« to entertain, to discover, to surprise, to confront, to challenge, to
share, to express, to remember, to love, and to complete. »
« Pour amuser, pour découvrir, pour affronter, pour se défier,
pour partager, pour s’exprimer, pour se souvenir, pour aimer et pour
s’accomplir. »
Jon J. Carnoy est réalisateur de Le
Barbier
Pour l'instant j'ai trop peu filmé pour dire "je filme parce
que".
Je dirais un peu plus volontiers, "j'écris des histoires parce
que"...
Parce que je cherche à comprendre ...
Comprendre faute d'admettre l'absurdité de notre monde.
Ainsi et aussi c'est un moyen de lutter contre l'angoisse de mort. En
fait je crois que c'est la fonction du travail, je crois que c'est aussi
pour cela que l'on fait des enfants, qu'on lit, qu'on s'occupe en attendant
de mourir sans trop y penser...
Mais cette idée était pas celle qui m'animait lorsque j'ai
commencé à vouloir faire du cinéma. Mes émotions
étaient si intenses lorsque j'allais au cinéma que je voulais
recréer cette tension extrême qui permettait d'oublier le
pire de magnifier le meilleur.
J'ai vu "Adèle H" et j'ai été bouleversé.
Alors j'ai voulu voir les films de Truffaut. Et puis en voyant "La
nuit américaine" j'ai pensé que je pouvais peut-être
sans prétendre être réalisatrice aider au processus
de création d'un film. Le métier que faisait Nathalie Baye
(sorte de double de Suzanne Shiffman) me paraissait éventuellement
abordable. J'ai donc commencé par être assistante.
Et puis j'avais monstrueusement envie de voir mes petits scénarios
devenir des films parce que le travail avec les comédiens me paraissait
passionnant.
Aujourd'hui j'aime ce moment où je cherche avec eux à faire
vivre les personnages à l'intérieur d'une histoire dont
on imagine qu'elle pourrait être la leur...
J'aime le travail d'équipe, que chacun tende vers un même
objectif...
J'aime faire des films.
Je crois que je filme parce que j'aime ça! (mars 2004)
Nathalie Donini est réalisatrice de J'attends
Daniel pour peindre
Si je savais pourquoi je filme, probablement que je ne filmerais pas...
Ce sont les questions qui me passionnent dans la recherche artistique, pas forcément les réponses. » (septembre 2004)
Camille Clavel est réalisatrice du film Sergio
Je dois d'abord préciser qu'il m'est plus simple de répondre
à la question "pourquoi les films d'animations".
Certainement parce qu'intrinsèquement le cinéma est un art
du Temps; un art de l'image et du son; un art pouvant englober beaucoup
d'autres; un art du mouvement; un art de salle. (avril 2004)
Vincent Bierrewaerts est réalisateur de Le
portefeuille
Filmer est comme se brosser les dents. C'est un besoin. Depuis que j'ai commencé à 16 ans, je n'ai jamais arrêté et c'est vite devenu le centre de ma vie. Je tournais en film Super 8 au début. Je ne pourrais l'expliquer précisément mais, il y a une sensation avec la caméra film que je ne retrouve pas avec la caméra vidéo. Je suis incapable de retrouver le même plaisir. Je crois que c'est dans l'acte de filmer. Le ron-ron du moteur, la mesure de la lumière et l'image grand écran me manque. J'apprécis les changements technologiques dans la mesure où la haute-résolution de l'image (2k par exemple) me permet d'aller très loin dans les effets qui servent mon propos. L'outil est l'ordinateur et la vidéo un intermédaire. Le résultat, un film. (Juin 2005) Simon Goulet, réalisateur de OïO
«
Pour trouver un ailleurs. Pour emmener le public ailleurs. ("Ailleurs"
titre de mon premier court-métrage et de mon scénario de
long)
J'aime les images, les histoires, la musique. Le cinéma est l'art
qui permet de réunir tout à la fois.
Depuis l'enfance, j'ai toujours aimé toutes les formes d'art ;
je me suis dit très tôt que le cinéma serait le meilleur
moyen d'exprimer ma créativité.
Pour moi, filmer, c'est donner corps à mon imagination, donner
la vie à mon univers personnel et le faire partager. Et si cela
touche quelqu'un, alors je me sens moins seule.
Filmer, c'est certainement une démarche narcissique et altruiste
à la fois. »
Fanny Jean-Noël est réalisatrice de Si
yen a quça dérange
Je crois que je fais des films pour assister en direct à ce qui
se produit quand une intention ou idée prend vie, prend chaire.
Voilà pour la dimension intellectuelle. Mais je mentirais si j'omettais
de dire que je fais également des films pour pouvoir, pendant quelques
jours, dîner avec vingt-cinq camarades dans la salle des fêtes
du village qui accueille nos tournages. - mars 2004
Pascal Lahmani est réalisateur de De
la tête aux pieds
Eh bien ! parce que c'est la chose que je fais le moins mal et, surtout,
parce que j'ai voulu prolonger les moments les plus merveilleux de ma
vie quand après le mot " fin " je courais derrière
l'écran pour essayer de rencontrer les héros.
Né en 1937, la même année que Blanche-Neige et devant un des premiers postes de télévision, j'ai vu des images avant d'apprendre à lire. Donc, la question que je me pose n'est pas de savoir pourquoi je filme mais pourquoi je filme tant. A cela plusieurs hypothèses. Eh bien ! d'abord parce que mes films sont plus des films interviews que des films d'auteur. Ensuite, parce que chacun de mes films invente le prochain et, surtout, parce que je n'ai pas encore le sentiment d'avoir trouvé l'art de mettre sur un écran d'adulte ces émotions réservées à l'enfance. Il doit bien y avoir aussi un moyen de faire rêver les déçus. Pour ceux-là, je suis prêt à tout, même à ne passer que pour un bon technicien. Car si le cinéma existe, il apparaîtra forcément un jour à ceux qui seront derrière leurs caméras. Alors, si la critique me prête vie, j'aurai peut-être la chance de rencontrer prochainement sur un écran le film de ma vie. (avril 2004)
Claude Lelouch est réalisateur de C'était
un rendez-vous
«
Je réalise des dessins animés pour plusieurs raisons :
- j'aime raconter des histoires en fabriquant des images, des sons, des
musiques
- je n'aime pas beaucoup les tournages que je trouve trop lourds et contraignants
- j'ai une attirance pour l'humour sans paroles et la caricature (le dessin
permet aisément cela)
- j'aime créer un univers de toutes pièces, à partir
d'une simple page blanche
- je peux imaginer tout ce que je veux, (presque) sans contraintes. »
Fabrice Luang-Vija est réalisateur de Square
couine
«
Je filme avant tout pour partager : partager une histoire, des sentiments,
des émotions, une énergie, en bref, un petit univers.
Rien ne m'angoisse plus que d'être présent lors de la projection
d'un de mes courts. Mais rien n'est plus gratifiant que d'entendre et
voir le public réagir pendant et après le film, car le
partage est aussi un échange... »
Stéphane Ly-Cuong est réalisateur de Paradisco
Je ne voudrais pas être prétentieux, mais vous demandez à un pommier pourquoi il fait des pommes.
Il n'y a rien à
répondre.
Cependant je suis plus disert qu'un pommier, je peux broder sur le thème.
Aussi loin que je
puisse me rappeler, j'ai toujours aimé bricoler, faire de jolies
choses et faire plaisir. Je fais aujourd'hui ce que je faisais à
10 ans, même si ce n'est que vers 20 ans que j'ai réalisé
que le cinéma d'animation répondait à toutes mes
envies. Mes envies étaient multiples, et on me disait qu'il faudrait
bien un jour que je choisisse UNE chose. J'ai pu presque tout garder,
outre les trois éléments ci-dessus, le dessin, la peinture,
le découpage, le collage, l'écriture, l'observation, l'émotion,
le rire, le vrai, la voix, la musique, la danse, le costume, l'architecture,
la nature, tous les lieux du monde, l'Histoire, et les histoires !
Je suis un privilégié qui fait ce qu'il veut et qui aime
ce qu'il fait... (mars 2004)
Michel Ocelot est réalisateur de Les
trois inventeurs
« Parce que je ne sais rien faire d'autre...
Parce que je veux sûrement qu'on m'aime...
Parce que ça me permet de ne pas vivre dans la vraie vie, ou du
moins, d'y croire...
Parce que j'aime dire "action", "coupez", et surtout
"elle est bonne, mais on la refait..."
Parce que j'aime les comédiens, (surtout, les comédiennes)...
Parce qu'ils sont fous, mais en réalité moins fous que les
gens "normaux" qu'ils interprètent.
Ils osent simplement mettre à nu, leur fragilité d'êtres
humains...
Parce que j'aime le risque quasi suicidaire de chaque prise de vue...
Parce que j'aime savourer chaque réaction des spectateurs dans
la salle de cinéma...
Parce que j'aime monter sur scène pour recevoir un prix, en essayant
de ne pas raconter trop de conneries...
Parce que j'aime (me) raconter des histoires... »
Philippe Orreindy est réalisateur de Jattendrai
le suivant...
« En ce qui concerne la petite question de pourquoi je filme, la réponse est également assez courte:
Je filme parce que c'est un besoin. Un besoin de montrer des choses que je ne peux pas faire partager avec des mots. » (septembre 2004)
Antonin Peretjako est le réalisateur de Changement de trottoir
"Dans ma famille, tout le monde fait des films depuis des générations. Ce n'est pas une tradition, c'est un sacerdoce.
Aussi, quand j'ai annoncé vouloir devenir cadre commercial dans les assurances-vie,
Mon père m'a dit :"si tu fais ce métier de saltimbanque, tu franchis cette porte pour la dernière fois !". Ce que je fis sur le champ. Enfin je réalisai mon rêve de gosse ! Depuis j'ai un costume trois pièces Valentino, un grand jardin en banlieue, une Opel Astra de fonction et un chien et je suis épanoui.
Si mon grand-père apprenait cela il mourrait sur-le-champ d'une crise cardiaque. Aussi, je le ménage. Je fais de temps en temps un petit film d'animation, histoire de sauver les apparences..." (septembre 2004)
Arthur de Pins est réalisateur du film La révolution des crabes
«
Petit, jadorais regarder mon père qui était cinéaste
travailler, lambiance du plateau me fascinait, le montage aussi.
Plus tard, jai découvert Wilder, Tati, Fellini entre autres
et je suis tombé sous le charme. Par rapport à eux, jai
un long chemin à faire, mais quel beau
chemin !
Je filme par ce quil y a des histoires qui méritent dêtre
raconté et des personnages qui attendent dexister, surtout
au Liban où je suis né. Cest un pays qui me fascine
et qui minspire. Mais je filme surtout par ce que le cinéma
fait rêver et que je suis tout simplement un grand rêveur. »
Hany Tamba est réalisateur de Mabrouk
again !
Je
crois que je n'ai pas le choix. Quand j'étais enfant j'ai toujours
eu une fâcheuse tendance à me réfugier dans des
mondes imaginaires plutôt que d'affronter une réalité
qui ne me paraissait pas bien excitante. J'ai parcouru avec fascination
mes livres d'images, je me suis souvent appliquée à me
rendormir le matin venu afin de retrouver quelques bribes d'un rêve
presque évanoui, un peu plus tard je me suis plongée dans
les les contes de Roald Dahl, puis j'ai dévoré toutes
sortes d'images télévisuelles avant de découvrir
avec fascination et papa, les salles de cinéma... L'image avant
tout, j'ai besoin de voir et d'entendre un autre monde. Avec le temps,
ce sentiment que la fiction a quelque chose de plus que la réalité
ne m'est pas tout à fait passé. Alors, je me raconte des
histoires, je les écris, et parce que se sont des images, des
sons qui me viennent, je les filme pour mieux les partager. Je filme
parce que je n'ai pas le choix, si le cinéma n'existait pas je
serais peut-être dormeuse professionnelle pour pouvoir rêver
à longueur de journée, ou bien je serais pompier ou vétérinaire,
si j'étais grande...
Carine Tardieu est réalisatrice de Les
Baisers des autres
A cause de Sergio Leone, Claude Sautet, Steven Spielberg, Ennio Morricone,
Claude Berri, Ron Howard, François Truffaut, Tim Burton, Bernard
Hermann, Luc Besson, Georges Lucas, Bertrand Tavernier, Franck Capra,
Caro & Jeunet, John Williams, Claude Lelouch, Brian de Palma, David
Fincher, Cédric Klapisch, James Cameron, Sydney Lumet, Gabriel
Yared, Henri Verneuil, Alfred Hitchcock, Jodie Foster, Patrice Leconte,
Les frères Coen, Roman Polanski, Yves Robert, Woody Allen, Martin
Scorsese, Spike Lee, Brian Synger, Gérard Oury, Francis Ford
Coppola, Michel Magne, Clint Eastwood, Michael Cimino, Jean-pierre Melville,
Roland Joffé, Walt Disney... et tous ceux qu'on a oublié
et qui nous ont fait rêver. (avril 2004)
François Rabes & Félicie Dutertre sont les réalisateurs
de Good luck Mr. Grosky
A cause de Sergio Leone, Claude Sautet, Steven Spielberg, Ennio Morricone,
Claude Berri, Ron Howard, François Truffaut, Tim Burton, Bernard
Hermann, Luc Besson, Georges Lucas, Bertrand Tavernier, Franck Capra,
Caro & Jeunet, John Williams, Claude Lelouch, Brian de Palma, David
Fincher, Cédric Klapisch, James Cameron, Sydney Lumet, Gabriel
Yared, Henri Verneuil, Alfred Hitchcock, Jodie Foster, Patrice Leconte,
Les frères Coen, Roman Polanski, Yves Robert, Woody Allen, Martin
Scorsese, Spike Lee, Brian Synger, Gérard Oury, Francis Ford
Coppola, Michel Magne, Clint Eastwood, Michael Cimino, Jean-pierre Melville,
Roland Joffé, Walt Disney... et tous ceux qu'on a oublié
et qui nous ont fait rêver. (avril 2004)
François Rabes & Félicie Dutertre sont les réalisateurs
de Good luck Mr. Grosky
«
C'est pour donner des
mouvements à mes dessins que je les film un par un, et aussi pour
tenter de raconter une histoire avec de la musique et des coups de pinceaux. »
(mars 2004)
Georges Schwizgebel est réalisateur de Soixante-dix-huit
tours
parce que:
- je sais pas faire autre chose
-c'est plus drole que de lire du kant
-pour draguer les gonzesses
-c'est dimanche et y a Drucker à la télé
-"trop classe, bogart!"
-pour arrêter de fumer (pas réussi)
-pour ennerver ma mère
-j'en sais rien. (mars 2004)
Matthieu Van Eeckhout est réalisateur de Petite
routine
C’est arrivé comme ça, par hasard, à la suite d’un malentendu. Des circonstances inattendues et le soutien sans faille de mes producteurs m’ont permis de réaliser « le manteau ».
Du découpage à la première copie, j’ai tout appris en le faisant.
Je réalise, aujourd’hui, que je me suis souvent posée la question de « comment filmer » telle ou telle scène mais que je ne me suis jamais demandée pourquoi je le faisais.
En y réfléchissant « le comment » demande une telle énergie, qu’il vaut peut-être mieux ne pas se demander pourquoi on le fait.
Orlande Laforêt est la réalisatrice de Le Manteau.
Je dois être créatif, ça me rend heureux. Je sais dessiner et je trouve le langage cinématografique magnifique ... alors voilà, je fais des dessins animés.
Michaël Dudok de Witte est le réalisateur de Le moine et le poisson.
Probablement parce que filmer s'impose à moi, comme une question de vie ou de mort. Il n'y a rien d'autre
que je puisse faire de façon si viscérale, que de raconter des histoires et les mettre en images.
Nolwenn Lemesle, réalisatrice de Poids plume
Pourquoi filmez-vous ?... Pourquoi mangez-vous ? Pourquoi buvez-vous ? Pourquoi parlez-vous ? Pourquoi aimez-vous ? Pourquoi detestez-vous ? Pourquoi respirez-vous ? Pourquoi riez-vous ? Pourquoi pleurez-vous ? Pourquoi cherchez-vous ? Pourquoi vivez-vous... (janvier 2007)
Lyèce Boukhitine, réalisateur de Les volets
Je ne peux que vous dire pourquoi je ne filme plus :
Parce que, en l’absence d’un financement correct de mes projets, je refuse que mon ego impose aux équipes de travailler bien au-delà des horaires humainement supportables, en mangeant du riz à chaque repas, et des barres chocolatées entre ceux-ci, en dormant dans des dortoirs d’ados aux WC bouchés, sans être rémunérés, ni exemptés d’avancer leurs frais de déplacements ou de matériel, ni récompensés d’une projection d’équipe, ni informés des sélections du film en festival.
Sinon, j’aurai pu vous répondre : « parce que je ne peux pas vivre sans ça ».
C’est du reste pourquoi je ne vis plus. (janvier 2007)
Alexandrine Brisson, réalisatrice de C'était pas la guerre
En vérité, je n'en sais rien. Il est bien trop tôt pour répondre à cette question: je fais encore partie de ces aspirants qui souhaiteraient filmer, et mon état actuel est plus une frustration de n'y être pas encore, que celui de l'introspection. Alors, pourquoi ce désir d'en être ? Parce qu'il n'y a rien que j'aime autant qu'être sur un plateau. Demandez aux gens avec lesquels j'ai travaillé: je souris du matin au soir sur un tournage. Les problèmes m'y semblent des casse-tête intéressants, ma fatigue est inexistante. J'adore le tournage, et le montage, et encore plus le mixage - autant que je déteste la phase de l'écriture. C'est un peu court, certes. Mais, à ce stade, ce qui me motive n'est plus l'espoir de changer la vie, ni même de changer la mienne. Faire les films que l'on aimerait voir, certes, comme tout le monde. Non, reconnaissons-le, le coeur du désir est bien moins noble que cela: ce que j'aime, c'est mettre les mains dans la pâte, travailler la matière sonore et picturale, jouir du plaisir physique de voir l'énergie des uns et des autres se catalyser: faire. Et surtout, faire avec les autres. (octobre 2006)
Olivier Klein, réalisateur de Bhai Bhai
AMille arguments possibles tous plus charmants, improbables ou pertinents les uns que les autres. Mille et une citations à bombarder sur le papier, comme des sentences, les mots des autres, les illustres personnages… et espérer convaincre, se convaincre soi-même.
La vérité, c’est que je ne sais pas. L’ai-je seulement déjà su ? Je ne crois pas.
Peut-être, tout simplement, parce qu’on s’est croisé un jour, par hasard, au corps à corps dans la lueur d’une salle obscure, et l’on ne s’est plus quitté, pour le meilleur, comme pour le pire… voilà tout. Le reste n’est que pure fiction. (octobre 2006)
Giovanni Sportiello, réalisateur de Bottom
Au tout départ, c'est une envie de raconter une histoire, partager des idées, des émotions.
J'ai débuté par écrire des petits contes quand j'étais à l'école primaire. Mais j'aimais trop les images, alors j'ai commencé à dessiner des BD, mais j'étais trop lent et pas assez soigneux.
Et puis au lycée, au détour d'une option cinéma choisie par hasard, j'ai réalisé mon tout premier court-métrage. Ces camarades, amis ou pas, avec chacun leurs atouts et talents, tous avec moi pour créer le meilleur film possible.
Je filme parce que pour moi, cette aventure artistique est aussi la plus belle aventure humaine qui soit : un partage, de la création à la projection. (juin 2006)
Mathieu Robin est le réalisateur du film Pensée assise
pourquoi je filme ?
on filme forcément pour parler de soi. enfin, tous les réalisateurs
ne le font pas mais je pense que c'est l'élément indispensable qui me
motive moi à faire des films et à aller voir des films. en temps que
réalisateur, j'aime (et à la fois je déteste) cette notion qui uni un
réalisateur et son sujet. je film pour parler de moi, pour montrer
qui je suis, quels sont mes sentiments, qu'est ce que j'ai dans le
bide, dans la tronche, de si important à dire pour consacrer ma vie à
raconter des histoires. je filme pour apprendre à me connaître. je
film aussi pour fuir. j'aime me perdre dans la fiction mais la
réalité me rattrape toujours. en temps que spectateur, je vais au
cinéma pour savoir qui est l'auteur, le réalisateur. à travers un
film on peut découvrir tout de l'autre. c'est ce qui me motive à
pousser les portes d'un cinéma.
en résumé : je filme pour savoir qui je suis. (mars 2006)
Xavier de Choudens est le réalisateur du film 00h17
Parce qu'à travers l'oeilleton d'une caméra, le monde se transforme selonvos espoirs,
parce que sont réunis des gens, des mots, des émotions, des regards, des musiques, des sons, des images, et que c'est pour moi la plus belle façon de raconter une histoire,
parce que c'est toujours une aventure humaine fascinante,
parce que ça génère de l'enchantement,
parce qu'il est plus facile de vivre ses rêves en filmant
et que rien au monde ne m'éclate autant, je filme. (mars 2006)
Amélie Covillard est la réalisatrice du film Mon oreiller s'appelle comme toi
Si je devais répondre sincèrement à la question de pourquoi je filme, ma réponse serait courte.
"Je ne veux surtout pas le savoir." (février 2006)
Bertrand Bonello est le réalisateur du film Cindy, the Doll is mine
" Pourquoi filmez-vous ? "…
Me suis-je seulement posé une seule fois la question ? A vrai dire, non…
D’ailleurs, je ne filme pas, non, je fais des films, mais je ne " filme " pas. Je les imagine, les prépare, les pense, mais jamais ne les filme .
Je les dessine… Je fais des films d’animation, des dessins animés en fait…
Ce n’est pas une dérobade à la question, juste une précision qui a son importance.
Je ne connais pas cette sensation de filmer, de tenir une caméra, de diriger des comédiens.
Les plateaux de tournage me sont étrangers, je ne suis pas de ceux que l’on trouve " derrière la caméra ". Et pourtant, je fais des films. Cette ironie du sort est amusante.
" Pourquoi, alors, dessinez-vous des films ? " allez-vous me demander…
C’est juste le moyen d’expression le plus complet que j’ai trouvé, qui mêle dessins, mouvements, sons et narration, et qui comble mes diverses frustrations artistiques.
Ne pas choisir l’une ou l’autre discipline, mais les combiner, les fusionner.
Je crois que c’est tout simplement pour ça que je " filme ", parce que je suis un grand frustré, mais un frustré heureux. (février 2006)
Gilles Cuvelier, réalisateur du film d'animation Chahut
Pour moi le cinéma est un miracle, une merveille qui nous renvoie l'image de la conscience elle même en dessinant la silhouette de notre esprit en mouvement. C'est le rêve éveillé que l'on partage ensemble mais qui appartient a chacun dans son intime pensée... (janvier 2006)
Michelange Quay est le réalisateur du film L'évangile du cochon créole
Le cinéma fait partie de ma vie depuis presque toujours, et l'envie de filmer c'est d'abord l'envie de partager cet amour du cinéma. Et aussi, surtout de montrer de belles choses. (décembre 2005)
Nicolas Saada est le réalisateur du film Les parallèles
C'est une nécessité, certain parle de psychothérapie ??? (décembre 2005)
Eric Godoy est le réalisateur du film Quichotte
J’ai d'abord filmé pour graver ce que j’aimais, pour ce seul plaisir. Un visage, la rue, la plage...
Je filmais parceque j’aimais la caméra, j’aimais charger le bobino et j’aimais remonter le ressort pour la prise de vue suivante. Je filmais pour voir ensuite projeter les images sur un drap blanc. On riait beaucoup et c’est ce lien que crée le cinéma qui me portait.
La belle mécanique est devenu un outil au creux des mains. Aujourd'hui, elle porte la promesse de voir s’épanouir sur l’écran une brûlure qui nait au ventre.
Filmer me maintient en vie.
Didier Nion est le réalisateur du film Clean Time
je vais essayer de répondre à la question...
Je pense que je film pour faire être quelques instants dans un monde qui est le mien et que je ne retrouve que dans mes films, c'est une projection. La caméra est une sorte d'interprète, un outil de language, comme la peinture sur les murs de lascaux pour les hommes préhistoriques. Quand je ne filme pas je dessine, pour moi tout cela est lié. Le film est un aboutissement.
Je filme aussi parce que cela me procure du plaisir, quand je filme, je me
sens bien. (novembre 2005)
Juliette Marchand est la réalisatrice du film Le rosé des prés
Par nostalgie de la vie en communauté - que je n'ai pas connue - et pour apprendre des choses sur moi-même... les deux étant intimement liés. (Juin 2005)
Pascal-Alex Vincent, réalisateur du film Les résultats du bac
Pour que la terre entière renaisse de mes mains. (Juin 2005)
Philippe Ramos, réalisateur du film Capitaine Achab
"To play with pictures and sounds; to create something you can't see with your own eyes; to make a new world; to reconstruct space and time...I guess this is why I shoot films."
" Pour jouer avec des images et des sons ; pour créer un univers que vous ne pouvez pas voir avec vos propres yeux ; pour inventer un nouveau monde ; pour reconstruire l'espace et le temps… Je crois que ce sont les raisons pour lesquelles je filme. " (mai 2004)
Daniel Askill est réalisateur de We
have decided not to die
Simplement parce que j’aime çà et que je ne sais rien faire d’autre… (Avril 2005)
Philippe Dutilleul, réalisateur du film Une délégation de très haut niveau
Parce que filmer c'est désirer...
Filmer , c'est souhaiter matérialiser un désir et je ne sais jamais où il va m'emmener.
J'aime filmer l'impalpable, le non dit , le ressenti.
J'ai beau préparer, dessiner et découper. Lorsque les comédiens sont devant la caméra, c'est eux qui, avec leurs émotions et surtout leur désir...me guident.
Cette complicité est inexplicable, immatérielle, il faut simplement se comprendre et se laisser aller. (Avril 2005)
Stéphanie Duvivier, réalisatrice de Hymne à la gazelle
Quelle question... Au plus profond, je ne sais pas très bien... J'aime faire des films pour dire quelque chose par rapport à un monde qui est de plus en plus malade... Faire simplement de belles images ça m'intéresse pas. J'ai besoin de contribuer même si c'est microscopique, à faire avancer les choses. J'aime le cinéma engagé, le cinéma qui propose, qui ouvre des portes, qui enrichit le spectateur. Si je n'ai pas cette sensation, alors le projet ne m'excite pas, je ne lui trouve plus de sens... (Mars 2005)
Juan Solanas, réalisateur de L’homme sans tête
Pour ensuite monter, mixer, projeter, écrire et…. Filmer. Pour ensuite monter, mixer, projeter, écrire et…. Filmer. Pour ensuite… (après je crois que c’est encore pareil.). (Mars 2005)
Jean Baptiste Leonetti , réalisateur de Le pays des ours
En ce moment, je crois que je filme pour trouver ma place.
Je crois aussi que filmer est une manière de répondre à cette question par un acte concret. A la fois m'aide à trouver du sens et m'en donne en écho.
Chercher et proposer, demander et entendre, donner et recevoir.
Pour moi, en ce moment, filmer commence par un acte individuel qui tend vers le collectif, et nous relie. (Janvier 2005)
Cyril Brody , scénariste de A tes amours, il réalise actuellement son premier film.
Je filme pour fuir la réalité en la regardant en face. (janvier 2005)
Cécilia Marreiros Marum est réalisatrice de Bonhommes
Je suis d'une constitution plutôt faible. Il m'est impossible de soutenir un effort très longtemps; aussi, filmer en image par image présente l'avantage d'exercer une seule courte pression sur le bouton de la caméra.
Sur cette réponse stupide - qui me ressemble donc à cent pour cent - je vous salue. (décembre 2004)
Guillaume Casset est réalisateur La vache qui voulait sauter par dessus l'église
« par atavisme... pour faire plaisir à mamam... » (décembre 2004)
Stephane Elmadjian est réalisateur de Freedub 1
...pour rencontrer des gens, pour les écouter, pour les mater dans un viseur, pour les mont(r)er après, pour gagner ma vie, pour rien, pour archiver, pour revoir des images longtemps après les avoir faite, pour avoir une caméra dans les mains, pour essayer de faire rire... (octobre 2004)
François Hernandez est co-réalisateur de Ouvertures faciles
Pourquoi je filme?
Parce que c'est un moyen d'expression qui me fascine dans son mystère,
chaque film est un défi... (mai 2004 )
Rolando Colla est réalisateur de Protestation
I, Protestation II et
Protestation III
Je filme pour communiquer avec les autres, autrement que par le téléphone
ou l'e-mail, et pour parler de choses qui me touchent et m'intéressent,
en espérant les y intéresser aussi. (mai 2004)
Vincent Pluss est réalisateur de The
Moebius Strip
With my drawings and my animations I would like to express my own
observations, views and feelings in a way the people can enjoy my
films. (mai 2004)
Marcel Hobi est réalisateur de La
paix des géraniums
Au départ je suis dessinateur de bandes dessinées.
Je dessine des histoires muettes qui sont presque des storyboard.
Au cinéma, j'essaie de transmettre l'ambiance et le style de
mes BD.
Le métier de réalisateur et bien différent de
celui du dessinateur.
Les acteurs, l'équipe, l'image qui bouge, le son... tout cela
change de la pratique parfois très solitaire du dessinateur.
J'adore faire les deux... (mai 2004)
Thomas Ott est réalisateur de Sjeki
Vatsch
Je filme parce que ça me permet de mieux réfléchir,
de prendre de la distance, de ne pas m'endormir. Parce que je connais
peu de meilleurs moments que les tournages et parce que j'aime me
laisser surprendre par ma propre imagination. (mai 2004)
Laurent Nègre est réalisateur de Schenglet