Nous demandons aux réalisateurs de répondre à cette question simple et essentielle : « Pourquoi filmez-vous ? » Voici leurs réponses.
Pour l'instant j'ai trop peu filmé pour dire "je filme parce
que".
Je dirais un peu plus volontiers, "j'écris des histoires parce
que"...
Parce que je cherche à comprendre ...
Comprendre faute d'admettre l'absurdité de notre monde.
Ainsi et aussi c'est un moyen de lutter contre l'angoisse de mort. En
fait je crois que c'est la fonction du travail, je crois que c'est aussi
pour cela que l'on fait des enfants, qu'on lit, qu'on s'occupe en attendant
de mourir sans trop y penser...
Mais cette idée était pas celle qui m'animait lorsque j'ai
commencé à vouloir faire du cinéma. Mes émotions
étaient si intenses lorsque j'allais au cinéma que je voulais
recréer cette tension extrême qui permettait d'oublier le
pire de magnifier le meilleur.
J'ai vu "Adèle H" et j'ai été bouleversé.
Alors j'ai voulu voir les films de Truffaut. Et puis en voyant "La
nuit américaine" j'ai pensé que je pouvais peut-être
sans prétendre être réalisatrice aider au processus
de création d'un film. Le métier que faisait Nathalie Baye
(sorte de double de Suzanne Shiffman) me paraissait éventuellement
abordable. J'ai donc commencé par être assistante.
Et puis j'avais monstrueusement envie de voir mes petits scénarios
devenir des films parce que le travail avec les comédiens me paraissait
passionnant.
Aujourd'hui j'aime ce moment où je cherche avec eux à faire
vivre les personnages à l'intérieur d'une histoire dont
on imagine qu'elle pourrait être la leur...
J'aime le travail d'équipe, que chacun tende vers un même
objectif...
J'aime faire des films.
Je crois que je filme parce que j'aime ça! (mars 2004)
Nathalie Donini est réalisatrice de J'attends
Daniel pour peindre